Journée ordinaire d’un enfant de CP à Marzelay

Publié le par marzelay-dans-la-rue.over-blog.com

 

Voici un exemple de vie quotidienne pour beaucoup d’enfants de notre école. En guillemets, ce sont les paroles rapportées auprès des parents ou mamies, à table ou le soir après l’école.

 

 

L’école de Marzelay, ils l’a connaissent depuis toujours, c’est un lieu central de leur environnement, il y a aussi le terrain de foot et de basket qui en fait parti.

 

7h35, c’est l’heure du réveil, je descends pour prendre mon petit déjeuner. Mes grands frères et sœur qui sont au collège et lycée sont déjà partis, le bus passant à 7h25 au centre du village.

 

Un brin de toilette, je m’habille prépare mon sac et regarde par la fenêtre. IL fait beau, « si papa à le temps on pourra aller à l’école en vélo au lieu de partir à pied », il est 8h20.

 

Sur le chemin, je retrouve mes copains, « je les dépasse tous puisque je suis en vélo, trop bien ».

 

Aujourd’hui, on est mardi, c’est ma mamie qui vient me chercher à midi.

« Ce matin, les CE1 nous ont aidé à faire un travail, c’est plus facile parce que eux ils sont plus grands alors ils savent mieux que nous. Après si on va en sport, on sera avec les enfants autistes, L… c’est la copine de tout le monde ».

 

« A midi , je pense que mamie va me faire des carottes », on rentre avec plein de copains. Y’a plein de mamies, parce que elles viennent souvent nous chercher quand nos parents travaillent.

Ceux qui n’ont pas de mamie, ils ont des nounous avec plein  de poussettes.

 

Y’a même une mamie  qui travaillait à l’école avant, elle connaît bien mes frères et sœur, elle a même eu des papas et des mamans à l’école. « A chaque fois qu’elle voit mon grand frère, elle dit qu’il est trop grand, faut dire que elle, elle est petite ».

 

C’est l’heure de repartir à l’école, (il est presque 13h45), « bientôt je serai assez grand pour aller à l’école tout seul », c’est pour ça que mon papa m’apprend à faire du vélo sur la route.

 

Il est 16h15, c’est l’heure des mamans, la mienne je la reconnais tout de suite, elle est grande.

Un bon gouter, je fais mes devoirs, il est 17h00,  « j’ai fini parce que les devoirs, ils sont trop fastoches ».

 

Maintenant, je peux aller jouer avec mes copains, ils ne sont pas loin, juste derrière chez moi « et y’a pas de route pour aller chez eux. » Mes frères et sœur eux rentreront vers 17h30. Après leurs devoirs, « j’irai voir si ils veulent bien aller au terrain avec moi, c’est juste derrière l’école, on fait du foot ».

 

Dis maman, « Pourquoi le monsieur, il veut fermer mon école ».

 

Messieurs Pierret et Gbedey, vous dites penser à l’intérêt éducatif et au bien être de nos enfants. D’abord, sur quoi vous fondez vous pour penser que vous devez agir sur ce sujet .Etes vous les mieux placés pour savoir ce qui est bon pour nos enfants, seul, sans prendre en compte l’avis de toutes les personnes concernées ?

La prise en charge éducative, dans nos quartiers village est partagé par tous, parents, enseignants, grands parents, assistantes maternelles, amis et amies, grand frères et sœurs etc…

Analysez ce que vous êtes en train de déconstruire. Vos valeurs humanistes, prônées lors de votre campagne électorale, elles sont ou ??

 

Votre dossier est très mal ficelé, vos méthodes sont arbitraires et expéditives, vous dénigrez l’ensemble d’une communauté éducative en refusant la concertation. L’intérêt éducatif des nos enfants ? Leur bien être ?

C’est cela qui vous motive, vraiment ?

A oui, c’est vrai, il y a un self à la cantine pour compenser tout ce que vous voulez effacer. Et puis, un bus, à 7h15 pour ramasser nos enfants et les emmener dans une école située à plus de 2km de notre quartier village avec des journées à rallonge.

 

Franchement, si vous êtes convaincu par ce que vous dites (nous en doutons fortement), nous pensons qu’il est vraiment temps pour vous de reprendre pieds et de comprendre ce qu’est la vie quotidienne de vos concitoyens.

 

Réfléchissez bien à ce que vous êtes en train de faire. 600 personnes dans les rues, ce n’est pas anodin, vous avez touchés à quelque chose de très fort bien au delà d’un simple « transfert d’élèves », comme vous le dites si bien. Un « transfert » d’élèves, comme si il s’agissait de regrouper un entrepôt de marchandise avec un autre.

Vous êtes en train de faire une erreur majeure dans vos choix et la lecture que vous pouvez avoir de la réalité de cette crise que vous avez ouverte.   

 

Notre mobilisation et notre détermination s’appuient sur des faits et des réalités et pas sur des pseudos combats politiques comme vous pouvez le penser ou le dire.

Notre argumentaire est implacable, vous n’avez rien à nous proposer qui puisse justifier votre décision. Notre combat est juste, donc nous ne lâcherons rien. 

 

 

 

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chloé cornil 10 ans 30/04/2010 12:54


génial le texte pour un enfant de cp c vrai ce que vous dite


marzelay-dans-la-rue.over-blog.com 30/04/2010 15:29



merci chloé, on va continuer le combat justement pour tout ça et pour vous.



sylvie 29/04/2010 19:18


nous récoltons les fruits de notre cher président, je suis en vacances a saint die, il y a quelques années j'habitais marzelay, je m'apercois que c'est partout pareil ce qui vous arrive ca nous ai
arrivé l'année dernière on sait battu mais il n'y a rien eu a faire, le maire de notre ville avait pris sa décision, et on a subit la fusion de notre école