lettre ouverte à Mr Pierret

Publié le par mobilisation marzelay

 

 

Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Saint-Dié-des-Vosges.

 

 

       Monsieur le Maire,

 

       Votre courrier du 17 courant adressé à l’ensemble des parents d’élèves de l’école Camille Claudel n’a pas manqué de susciter réactions et interrogations.

       Vous y rappelez que le conseil municipal a adopté « sans ambiguïté » le principe du transfert de l’école Camille Claudel à l’école Fernand Baldensperger dans une motion que Monsieur Romuald Gbedey lui a soumise le 12 Avril dernier, ce après « une très large concertation » et suite à une réunion publique le 7 avril 2010 que vous rebaptisez à présent « d’information-concertation ».

 

       Permettez-nous de contester cette réalité de cette concertation puisque toute concertation suppose en préalable une information. Or :

 

       Doit-on vous rappeler, Monsieur le Maire, que les parents d’élèves ont appris votre projet de transfert par une… indiscrétion… le 1er Avril dernier ?

 

       Doit-on vous rappeler, Monsieur le Maire, qu’un conseil d’école s’était tenu le 19 Mars 2010 au sein même de l’école, en présence de Monsieur GBEDEY, adjoint à l’Education et à l’Egalité des Chances, et de Madame HABERT, adjointe aux Quartiers Villages, au cours duquel ont été exposés les projets et actions pédagogiques à venir, sans qu’à aucun moment ne soit évoquée une possible disparition de l’école Camille Claudel ?

 

       Doit-on vous rappeler, Monsieur le Maire, de quelle façon sept parents sur les huit élus au Conseil d’Ecole ont été conviés à la réunion du 7 avril - puisque le délégué représentant la CLIS n’y a pas été invité-  par un courrier déposé la veille au soir dans leur boite aux lettres, les conviant « le mercredi 7 avril 2010 à 18 heures » à « une réunion d’information concernant la modification de la carte scolaire » alors  même qu’ils avaient programmé ce soir-là une réunion publique d’information à destination des habitants du quartier à 20 heures 30... ?

       Quelle ne fut pas leur surprise en apprenant par voie de presse le jour même qu’il s’agissait en réalité d’une réunion publique, en présence d’un grand nombre d’élus au conseil municipal.

       Quelle ne fut pas leur surprise, encore, en entendant Monsieur GBEDEY exposer un projet qui de toute évidence était déjà fermement arrêté, au point que toute discussion apparaissait vaine avant même d’avoir été engagée. Alors oui, les parents présents ont pris acte des « informations » communiquées, et ont quitté la table, avec le sentiment plus qu’amer déjà d’avoir été manipulés.

 

       Doit-on vous rappeler, Monsieur le Maire, votre « erreur », pour reprendre vos mots, d’avoir oublié toute concertation avec l’APEM, Association des Parents d’Elèves de Marzelay, pourtant reconnue par la mairie et l’Inspection Académique ?

 

       Doit-on vous rappeler, Monsieur le Maire, nos multiples tentatives pour obtenir votre écoute ou celle de vos adjoints ? Pour tenter de faire valoir nos arguments en réponse aux mensonges constamment répétés par voie de presse et lors de vos prises de parole : demande de l’Inspection d’Académie ; baisse d’effectif de 40% alors que l’effectif sur l’école de Marzelay est constant depuis 10 ans et que 75 élèves sont attendus à la rentrée 2010 ; petite section de maternelle de 2 élèves alors qu’il y en a 5 pour ne citer que ces exemples.

 

       Doit-on vous rappeler, Monsieur le Maire, votre refus de recevoir une délégation des parents élus au conseil d’école à l’issue de la manifestation du 10 avril ayant réuni plus de 300 personnes dans la rue ?

       Doit-on vous rappeler, Monsieur le Maire, que les 600 manifestants du 24 avril ont une fois encore trouvé portes closes à la mairie ?

 

       Doit-on vous rappeler, Monsieur le Maire, que le 1er mai des parents ont été contraints de patienter de longues heures devant la porte de la mairie pour espérer quelques minutes  d’écoute ?  Et qu’ils sont repartis ensuite en comprenant qu’on ne voulait pas les entendre, voire qu’on les méprisait ? Parce qu’il y a eu signes de mépris. Doit-on aussi vous les rappeler, Monsieur le Maire ? Le mépris pour votre propre électorat lorsque vous lui rétorquez, narquois, qu’il n’aurait pas dû voter pour vous ; le mépris envers une mère à qui vous lancez le pari de fermer l’école ; le mépris de l’intérêt des enfants car il s’agit bien d’eux que pourtant vous oubliez dans tous vos arguments. Sans compter ce petit garçon aveugle et sa famille que vous préférez ignorer.

 

       Doit-on vous rappeler, Monsieur le Maire, votre constance à présenter la décision de transfert d’école comme définitive à l’issue de ce conseil municipal (article de Vosges Matin du 2 mai 2010 « Pas de quartier pour Camille Claudel ») ?

       Permettez-nous encore de vous dire notre écœurement à la sortie du conseil municipal du 12 avril, inconcevable de dénigrement et de mensonges pour nous, simples parents, peu au fait des manœuvres et des discours politiciens. 

 

     Doit-on vous rappeler, Monsieur le Maire, que les parents de la CLIS ont dû patienter six semaines pour pouvoir vous exposer les dramatiques conséquences pour leurs enfants autistes d’un transfert dans une structure plus grande, donc inadaptée ? Et pour s’entendre répondre ironiquement que cela sera pour eux « une expérience enrichissante », que « les toilettes colorées de l’école P. Elbel sont plus accueillantes » ? 

 

       Doit-on vous expliquer Monsieur le Maire, l’abattement des représentants au conseil d’école enfin reçus le 15 mai sur injonction de Monsieur le Préfet ? Vous leur avez d’abord laissé croire que la décision n’était pas irrémédiable, pour mieux vous opposer un quart d’heure plus tard à l’idée même d’un ajournement du projet avec la mise en place d’une véritable concertation.

 

       Doit-on vous rappeler, Monsieur le Maire, les manœuvres d’intimidation dont vous avez usé pour inciter les parents à se diviser : refus d’inscrire les enfants à l’école Camille Claudel, incitation à demander sans attendre des dérogations qui ne pourraient être accordées à tous et seraient étudiées « au cas par cas » ?

 

       Doit-on enfin vous rappeler, Monsieur le Maire,  qu’il a fallu l’intervention de Monsieur le Préfet pour que vous reconnaissiez que la décision ne serait définitive qu’après avoir été entérinée au prochain conseil municipal ?

 

       Comment pouvez-vous Monsieur le Maire,  alléguer d’une concertation dans un tel contexte ?

 

       Soyons sérieux, Monsieur le Maire, et comprenez que nous nous devons de réagir à vos propos méprisants, à vos agissements incohérents, à vos mensonges récurrents et à vos provocations incessantes.

       Apprenez, Monsieur le Maire, que nous ne faisons là que dénoncer haut et fort, ce que beaucoup pensent tout bas, de plus en plus nombreux, et de moins en moins silencieux.

 

 

 

 

                                                                   Des parents d’élèves de l’école Camille Claudel

                                                                   à Saint-Dié-des-Vosges - 21 mai 2010.

 

 

 

 

 

 

 

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88 24/05/2010 10:39


La stricte vérité de ce que l'on vit depuis plus d'un mois et demi.


Nessa 22/05/2010 14:08


Bravo bravoo!!


révoltix 21/05/2010 22:37


Quoiqu'il arrive Monsieur Pierret vous ne sortirez pas grandi par ce combat mais nous OUI
parce que nous aurons lutté jusqu'au bout pour NOS ENFANTS
Nous leur aurons montré qu'il faut combattre l'injustice et le mensonge
Nous leur aurons appris qu'il faut aller jusqu'au bout de ses convictions surtout lorsqu'elles sont justes. Ce qui est le cas.
Notre lutte n'est pas terminée


Monique 21/05/2010 18:07


Bravo